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Ce qu’il faut vraiment comprendre pour être bien protégé

Checklist – Protection sociale des professionnels de santé libéraux

En libéral, rien n'est automatique. Être "couvert" par vos caisses obligatoires (CARPIMKO, CARMF, etc.) ne signifie pas être bien protégé. Il s’agit de sécuriser à la fois votre revenu, votre cabinet, vos proches et votre avenir. Cette checklist en 3 étapes vous permet de confronter vos garanties actuelles à votre réalité de terrain afin d’identifier les points de vigilance spécifiques aux professionnels de santé et d’éviter les erreurs les plus fréquentes.

Etape 1 : Comprendre ce que couvre réellement votre protection aujourd’hui

Avant de chercher à optimiser, il est essentiel de savoir ce qui est réellement pris en charge en cas d’aléa.

À vérifier en priorité :

  • Le montant des IJ (indemnités journalières) en cas d’arrêt de travail : couvrent-elles votre bénéfice actuel ou celui d'il y a 5 ans ?
  •  Le délai de carence avant indemnisation : Pouvez-vous tenir 15, 30 ou 90 jours sans aucun revenu ?
  • La durée maximale de prise en charge : Après 90 jours d'arrêt, votre régime obligatoire prend-il toujours le relais ou la chute de revenus est-elle brutale ?
  • Les conditions en cas d’invalidité ou d’incapacité durable : Votre contrat fait-il la différence entre « ne plus pouvoir travailler » et « ne plus pouvoir pratiquer vos gestes métier » ?
  • Les droits acquis pour la retraite : Savez-vous quel pourcentage de votre revenu actuel vous percevrez une fois à la retraite ?

Beaucoup de professionnels découvrent ces éléments tardivement, souvent au moment où ils en ont besoin.
 

Etape 2 : Les 5 points de vigilance spécifiques aux professionnels de santé en libéral

  1. Le maintien du cabinet (Frais fixes)

    En cas d’arrêt de travail, les charges professionnelles continuent de courir : loyer du cabinet, leasing du matériel, salaires, etc. 
    Les régimes de prévoyance obligatoire couvrent avant tout le revenu personnel sous forme d’indemnités journalières (IJ).
    Si vos charges de cabinet sont de 3 000 €/mois, vos IJ personnelles ne suffiront pas à maintenir l'activité et votre foyer.

    Souscrire à une garantie supplémentaire « frais pro » en cas d’arrêt de travail permet de couvrir vos charges fixes.
     

  2. Invalidité Professionnelle vs Fonctionnelle

    Pour un chirurgien, un dentiste ou un kiné, une perte de mobilité du pouce le rend incapable d’exercer les gestes spécifiques de son métier. Attention à choisir les garanties qui vous protègent le mieux entre : 

    •  Invalidité fonctionnelle : Incapacité à accomplir les actes de la vie courante.
    •  Et invalidité professionnelle : Impossibilité d'exercer votre spécialité. 

    Sans barème 100 % professionnel, vous pouvez être jugé « apte » à un travail de bureau et ne toucher aucune indemnité.
     

  3. Exercice en groupe et Mutuelle

    En exercice de groupe (SCM, cabinet associé), certains praticiens pensent être protégés via une mutuelle collective, alors qu’en réalité, elle est souvent liée au statut salarié. En tant que Travailleur Non-Salarié (TNS), vous devez souscrire une mutuelle Loi Madelin. 

    C’est un levier fiscal majeur pour les praticiens au BNC réel ou en société, car la cotisation est payée par le cabinet et vient réduire votre bénéfice imposable.
     

  4. L’impact du statut juridique

    Votre protection sociale dépend aussi de votre mode d’exercice :

    • En BNC : Votre protection est calée sur votre bénéfice (souvent variable).
    • En SELARL/SELAS : Elle dépend de votre rémunération choisie. 

    Si vous souhaitez baisser votre salaire pour payer moins d'impôts, vous baissez aussi vos droits à la retraite et vos indemnités. Il est possible de compenser par de la prévoyance privée adaptée.

    Changer de statut sans recalculer ses garanties est le risque n°1 de se retrouver sous-protégé.
     

  5. Le cas de l’activité mixte, hospitalier + libéral

    Vos droits acquis à l'hôpital ne couvrent pas vos revenus libéraux. 

    En cas d'arrêt, l'hôpital paie votre base salariale, mais vos honoraires de cabinet sont perdus, sauf si vous disposez d’un contrat de protection dédié.
     

Anticiper la retraite en profitant du levier fiscal

La retraite obligatoire (CARMF, CARPIMKO, etc.) est un socle obligatoire souvent insuffisant pour maintenir votre niveau de vie.

Anticiper la retraite offre plus de marge de manœuvre. En effet, l’effort est lissé et il est plus facile de l’ajuster et de construire votre retraite de manière progressive en adoptant les bons supports.

Le PER (Plan d’Epargne Retraite) est l’outil le plus utilisé, il permet de réaliser des économies d’impôts pour capitaliser sur votre future retraite. C’est une stratégie double : vous réduisez votre pression fiscale aujourd’hui pour financer votre liberté de demain.
 

Les 3 erreurs "classiques" constatées par nos conseillers

  1. Croire que les cotisations URSSAF/Retraite suffisent à vous protéger (elles ne couvrent souvent que 30 à 50 % du besoin réel).
  2.  Ne jamais réactualiser ses garanties malgré l'augmentation de l'activité ou des charges.
  3. Séparer la comptabilité, la fiscalité et la protection sociale, alors que tout est lié.

La protection sociale des professionnels de santé libéraux ne se résume pas à un contrat ou à une cotisation.
Elle repose sur des choix structurants, liés à votre statut, votre mode d’exercice, vos revenus et vos priorités de vie.

Faire le point régulièrement permet d’anticiper, de sécuriser votre activité et de construire une trajectoire cohérente à long terme.
 

« Être couvert ne veut pas toujours dire être bien protégé »

Estelle D., Conseillère d’Entreprise Cerfrance, vous partage les points essentiels à comprendre pour évaluer votre niveau de protection réel.
 

Estelle D. Conseillère Cerfrance Nord-Pas de Calais

Vous souhaitez faire le point sur votre protection sociale ?

Nos conseillers Cerfrance offrent un accompagnement global et complémentaire, allant des solutions comptables pour le suivi de votre activité au conseil indépendant sur la prévoyance, la retraite et le patrimoine.